En garde, Avoue !

ndla : Ce message fait suite à l’annonce d’une plainte déposée par la famille de la jeune fille de 14 ans placée 10 heures en garde à vue il y a une quinzaine de jours, après une bagarre entre collégiens répercutée dans le Post, et aux diverses réactions des lecteurs. Je n’ai pas eu le temps de le re-rédiger en forme de billet, ce que je devrais tout de même faire prochainement.

Il suffit de relire un peu les différents communiqués et articles parus à l’époque, tant côté police que famille, on voit que la victime ne s’est jamais plainte directement que les filles mises en GAV l’aient agressée, qu’Anne n’a été mise en cause que par « un témoin » indéterminé (selon la police, qui se garde bien de le nommer), et qu’elle a toujours soutenu s’être interposée dans la bagarre. Par ailleurs, c’est tellement grave que la victime et sa supposée « agresseuse » continuent d’aller au même collège, sont dans la même classe, et se croisent depuis tous les jours sans anicroche. Bref, il y a largement assez d’éléments pour douter de la culpabilité réelle de la fille, alors que les mensonges policiers (sur le menottage), les approximations (sur sa tenue) et les raccourcis (sur sa responsabilité) s’empilent côté accusation.

Et bien sûr, le Procureur avait tellement confiance dans son dossier qu’il n’a pas osé l’envoyer devant un juge, il s’est contenté d’un rappel à la loi suivi d’un classement. C’est de la procédure, il faut un peu de connaissances juridiques pour apprécier : comme ça, il était pratiquement sûr que personne d’indépendant n’irait mettre son nez dans les méthodes de la police. En effet, le Procureur est le responsable des actions de la Police. Donc, par cet habile recours à la technique du « rappel à la loi », il est à la fois enquêteur, juge, et partie pénale. Astucieux. Contrepartie : Anne est innocente au sens légal, car aucun juge ne l’a condamnée, le Procureur ayant refusé de poursuivre pénalement (mais c’est l’aveu du peu de dangerosité de l’affaire, aussi).

Toute cette histoire a des relents de méga-foirage ; je n’ai aucun amour pour les délinquants, jeunes ou vieux, citoyens ordinaires ou policiers. S’il s’avère qu’en l’espèce certains policiers ont perdu tout sens de la nuance et de la présomption d’innocence, alors, ces fruits pourris méritent d’être sortis de la corbeille avant de contaminer le reste. Au contraire, si la fille était coupable, elle méritait d’être présentée à un juge. Mais visiblement, l’enquête s’est plantée parce que les méthodes utilisées étaient inadaptées au cas. Rien que pour ça, l’OPJ devrait faire profil bas.

L’OPJ, parlons-en justement, car c’est à mon sens un des aspects saillant de la question, peu relevé dans la presse qui ne comprend pas grand chose à la justice en générale, et à la justice pénale en particulier.

Dans cette pauvre affaire, il s’avère que l’Officier de Police Judiciaire était une femme Brigadier. Le sexe n’a pas d’importance, le grade, si. Pendant très longtemps, seuls les Officiers dans la police pouvaient avoir la qualité d’OPJ par nomination à l’issue d’un examen spécifique. En clair, il fallait au minimum être Inspecteur (dans l’ancienne échelle des grades), ou Lieutenant. Soit des gens recrutés avec au minimum une L3, souvent en droit. Tous les grades inférieurs pouvaient au mieux décrocher une qualification d’Agent de Police Judiciaire, simples aides des OPJ. Mais pour « améliorer l’efficacité » de la police judiciaire, un Ministre de l’Intérieur nostalgique a réussi à imposer subrepticement l’idée qu’il fallait plus d’OPJ ; donc les vannes ont été ouvertes, et désormais n’importe quel agent peut être OPJ en réussissant cette épreuve spécifique. Y compris des gens recrutés à bac+0. On voit le résultat : 800.000 GAV en un an, +100% en 5 ans. Et du grand n’importe quoi à tous les étages.

Cela ajouté au fait que la procédure de GAV en France est incompatible de toute manière avec la Charte Européenne des Droits de l’Homme, déjà pour les adultes, donc a fortiori pour les enfants, et on a réuni ensembles tous les ingrédients du désastre.

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  1. Sortylege
    25 février 2010 à 12:32

    A mon avis, sans etre dans ces milieux,je commence par les lèctures divèrses a me faire un peut un schémat sur le fond de ces machins puants .
    Dans le temps,j’avais une idée sur le « gentil »contexte, mais avec le progrés,je vois que tout devient trés brutal et violent .
    En récapitulants ,je constate que « l’ordre publique » et ses « sèrviteurs »,ne m’ a rien aporté d’utile si non le sentiment qu’il faut là aussi faire tout par soit meme et surtout ne pas compter sur les autres pour etre « défendu »,etre « protégé »,etre « entendu »,recevoir justice et tranquilité,etc……
    Au fond,ces « officines » existant surtout pour elle meme ,vivent et sévicent sans que je soutiène le moins du monde leurs existances dont le role,a a mes yeux ,vraiment d’autres buts que ceux que je leur atriburais .
    Je constate qu’ a la lècture de vos notes, je suis obligé d’employer un discours particulier(ésotérique), ce qui souligne tout le caractère sèrieux de vos inquiétantes obsèrvations.
    Je vous remèrci pour ce message et A+ .

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