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Mariages Gris : Les Envahisseurs

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David Vincent Éric Besson les a vus ! Insidieusement, « Ils » séduisent nos compatriotes les plus faibles, Ils s’insinuent sur notre sol et tels de mauvaises herbes, ils parasitent nos concitoyens, arrachant par ruse ses précieuses ressources à la bonne terre de France ! C’est beau comme du Gotlieb scénarisant Super-Dupont. Il faut dire qu’en matière de trahison tout court, de trahison conjugale, et d’union mixte, le Sinistre apôtre de l’identité raciale en connaît un rayon.

Qu’il y ait des fraudes au mariage, dans le but d’obtenir une nationalité, c’est loin d’être une nouveauté. D’ailleurs, peut-on parler réellement de fraudes ? L’idéal du mariage « romantique » est un phénomène récent. La norme sociale des siècles passés, y compris un bon bout du dernier, le XX°, c’était plutôt le mariage d’intérêt, qui rapprochait deux familles dans le but d’accroître les ressources d’un vaste ensemble de personnes, allant bien au-delà du couple lui-même. Institution indispensable dans des époques sans protection sociale ni système de retraite. Le problème des mariages, gris ou blancs (on n’ose pas dire OMO, plus blancs que blanc), n’est pas qu’ils soient dépourvus d’amour : l’amour n’est pas une valeur juridique protégée, car il ne peut pas se prouver (ou comme dit une formule connue, « en droit, on ne peut pas sonder les reins et les cœurs »). Ce qu’au XVI° siècle, Loysel, jamais en reste d’un aphorisme, traduisait par l’adage : « en mariage, trompe qui peut ! »

Le « problème », si l’on peut dire, c’est quand l’acte accompli simule une union pour obtenir un avantage contraire à l’ordre public, ici, une nationalité. En toute hypothèse, cela ne peut que viser un cas objectif, lorsque l’on peut rapporter une preuve concrète de la simulation : par exemple, en établissant que des époux ne partagent pas le même domicile, ou n’ont pas l’intention de mener une vie commune. En matière de nationalité, le conjoint ‘naturalisé’ par mariage, pour conserver le bénéfice de ses efforts, doit par exemple maintenir la cohabitation un an après l’obtention de la qualité de français, qui ne peut elle-même être demandée que deux ans après le mariage : on peut souhaiter qu’en trois ans de vie commune, les époux aient-ils été virtuels initialement, soient devenus un vrai couple ! Et dans les cas malheureux où un des époux feint ses sentiments au détriment de l’autre pendant tout ce temps, ce qui arrive malheureusement quand même, il reste des possibilités pour que la victime puisse obtenir réparation, par le recours à des notions habituelles au droit, comme l’abus de faiblesse. Mais on ne peut pas exclure non plus d’un revers de main négligent que l’époux français se saisisse d’un si beau prétexte pour répudier en douce son conjoint et renvoyer sa mauvaise conscience à quelques milliers de kilomètres…

L’aspect détestable de la croisade de Besson, c’est d’opérer une forme de renversement de la charge de la preuve. Et ce qui est immonde, c’est que ce renversement est totalement discriminatoire, car il s’appuie sur une qualité individuelle (la nationalité étrangère) pour faire peser un soupçon d’irrégularité sur les unions de ces personnes, désormais présumées intéressées. Il serait donc demandé aux candidats au mariage mixte de rapporter, justement, la preuve préalable de leurs sentiments, ce qui n’a jamais été exigé, au contraire, dans les mariages entre nationaux, parce que c’est par essence une preuve ‘diabolique’, impossible à établir. Mr Besson ferait carrément mieux de proposer un projet de loi pour lutter contre ‘l’abatardissement de la race’ et ‘l’éradication de l’impureté génétique’. Au moins, on serait fixé sur la nature de ses objectifs. Et tant qu’il y sera, il pourra aussi rebaptiser son Ministère en ‘Commissariat à la question bougnoule’. Mais Mr Besson n’a même pas le courage de ses idéaux, et préfère se retrancher derrière une forêt de chiffres pour mieux nier l’humanité.

À l’heure où l’Équipe de France de foot va s’envoler pour l’Afrique du Sud dans les circonstances que l’on sait, je suis certain que Mandela sera plus choqué par l’idéologie nostalgique de Besson que par la main de Thierry Henry.

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