Accueil > Droit, droits de l'homme, immigration, Loi, Politique, Uncategorized > Niqab : bourqa c’est bas bossible (2ème partie)

Niqab : bourqa c’est bas bossible (2ème partie)

Partager sur Facebook

[ndla : ce billet forme le dernier volet d’un triptyque dont la première partie se trouve ici : Niqab : bourqa bas ?, et la seconde partie ici : Niqab : bourqa c’est bas bossible (1) ]

Dans mon premier billet sur ce sujet (v. ci-dessus), j’avais conclu sur le nombre minime de cas avérés de port du voile intégral en France ; j’avais eu l’occasion, à ce moment, de préciser que les chiffres officiels ne me paraissaient pas sous-estimés par la DCRI. En effet, étant un organisme de renseignement, la DCRI aurait tout intérêt à présenter des chiffres « gonflés » dans l’espoir de voir son budget amélioré pour obtenir des moyens supplémentaires de surveillance. Si elle se limite à ce faible nombre, c’est donc que dans son analyse, ce groupe ne représente pas de menace pour le territoire national (nb : la DCRI a été constituée par la fusion de la Direction de la Sécurité de Territoire et des Renseignements Généraux, soit l’essentiel des services de renseignement et contre-espionnage civils français).

Pourquoi donc tout le monde persiste-t-il à s’agiter sur cette question que les professionnels jugent, sinon sans intérêt, du moins sous contrôle ? Est-ce qu’on fait vraiment une loi pour 400 situations particulières (un village…), qui selon des avis tout à fait respectables, n’attentent pas à l’ordre public et sont de plus compatibles avec la Constitution et les lois actuelles ?

C’est qu’en réalité le problème n’est pas le niqab ni ce qui est en dessous ; le problème est dans le symbole qu’il représente. Le niqab n’est pas un vêtement, ni un sur-vétement. C’est un uniforme et un drapeau. Celui d’une partie de l’Islam qui se présente elle-même comme la plus traditionnelle, la plus historique, et donc la plus « vraie » et la plus « pure » : le salafisme. Or, la France est un pays qui admet parfaitement l’exercice de toutes les religions sur son sol, mais à une condition non négociable : quand le précepte religieux, quel qu’il soit, entre en conflit avec la loi ou les valeurs fondamentales, il doit céder à loi. Ce n’est pas du tout un principe nouveau. Bien avant la Révolution Française, alors même que le catholicisme était religion d’État sur le sol du Royaume, les Rois de France sont entrés fréquemment et violemment en conflit avec le Pape, au point que la doctrine catholique appliquée en France a reçu une dénommination particulière, le gallicanisme. Cette doctrine a perduré du XV° au XIX° siècle[*], et quand un Pape s’est senti assez puissant (et pensant la France assez affaiblie) pour y mettre fin en 1870, en moins de 25 ans, une goutte d’eau à l’échelle historique, l’évidence de la séparation nécessaire de l’Église et de l’État s’est incarnée dans la loi de 1905. Et s’est accomplie avec violence, aux endroits où les représentants religieux pensaient tenir de droit divin des prérogatives supérieures aux lois républicaines. Il y a même des témoignages de religieuses dévoilées de force, comme quoi la situation actuelle n’a rien de moderne, et n’est pas du tout le produit d’une prétendue « croisade » occidentale. La France n’a pas mieux traité l’Église catholique qu’elle ne traite aujourd’hui l’Islam, au contraire, elle l’a à bien des égards dépouillée et de son pouvoir, et de son patrimoine. Ne subsiste de l’Église aujourd’hui que son rôle spirituel, parce que par ailleurs, l’exercice du culte catholique, et l’enseignement de la doctrine chrétienne n’ont jamais été empêchés intrinséquement. Au contraire. Car le catholicisme, comme beaucoup de religions (ce qui inclut l’Islam) pose des principes moraux qui s’ajoutent en réalité aux lois. La loi n’est qu’un substrat minime, au-delà de laquelle il est tout à fait recommandé à chaque individu d’adjoindre des valeurs morales personnelles, et des comportements en adéquation ; et par ailleurs, il est rarissime qu’une religion impose une règle véritablement incompatible avec la loi. Parce que les religions prédatent les lois et tendent en elles-mêmes à gérer des peuples ; elles n’ont donc pas intérêt à se retrouver en opposition avec un ordre social fonctionnel, mais à le réguler. Par exemple, la loi civile permet le divorce, le catholicisme le réprouve : un couple peut très bien décider de rester marié par conviction religieuse, et vivre séparément. Mais si l’un des deux décide de divorcer, alors le divorce ne peut être empêché pour un motif religieux et il a des effets purement civils : aux yeux de l’Église, les ex-époux sont donc toujours mariés. L’autre époux, celui dont les convictions s’opposaient au divorce, a le devoir religieux et moral de ne pas se remarier. Mais l’Église, en tant que « groupe » n’a aucun pouvoir pour l’en empêcher individuellement. Le seul pouvoir résiduel de l’Église, c’est de décider qui est membre ou pas. Ce qui a été accompli avec l’Église, ça a été de lui ôter complètement l’exercice de tout pouvoir temporel, et tout droit d’ingérence dans les fonctions de puissance publique.

La situation est identique à l’égard de toutes les religions, aujourd’hui encore : tous les individus ont le droit de vivre leur foi personnellement, tout individu a le droit de s’imposer des contraintes supérieures à celles de la loi, aucun individu n’a a subir une quelconque autorité extérieure, venant d’un autre individu (et a fortiori pas non plus d’un groupe) au nom d’une religion quelconque. Personne ne peut violer la loi au nom d’une religion. Liberté, égalité, laïcité.

Le seul pouvoir d’une autorité religieuse, c’est d’admettre ou de refuser l’entrée du groupe à une personne qui en aurait violé le « réglement ».

La seule difficulté que présente l’application de ce principe, c’est la confrontation entre les religions qui se vivent presque toutes comme des communautés et la loi qui est d’application strictement individuelle. Et cette articulation est particulièrement complexe entre la loi nationale et la commuauté musulmane au sens large. Mais elle n’est pourtant pas absente des relations entre l’État et diverses Églises, cultes ou religion. La communauté catholique, dans sa très grande majorité, a assimilé cette articulation depuis les années 60, entre autre parce que l’Église s’est aussi réformée au travers du Concile Vatican II. Il n’empêche que ça et là, même avec l’Église de Rome, de vieilles querelles renaissent encore périodiquement : par exemple, un point contentieux s’est vu dans la lutte contre la distribution élargie de la pilule abortive, y compris aux mineures et en l’absence d’information des parents.

Pourquoi cette articulation est-elle particulièrement complexe avec la communauté musulmane ? Pour deux raisons :
– D’une part, la religion musulmane est plus « simple » que la religion catholique (ce qui ne veut pas dire qu’elle est simpliste). Ce sont les musulmans eux-mêmes qui le disent. En effet, c’est une religion de soumission : on croit, donc on obéit aux préceptes du Livre, particulièrement aux 5 piliers de l’Islam, et on est musulman. Au moins aux yeux des autres. Théoriquement, il n’y a pas d’autorité centrale qui infléchisse la doctrine, chacun intériorise sa foi personnellement. C’est assez différent du catholicisme qui exige non-seulement la foi, mais en plus l’amour de Dieu et le respect du Pape. Croire ne suffit pas. D’ailleurs, il n’y a pas à proprement parler de règles dans l’Évangile, seulement des exemples, donc pas de recette pour être chrétien. Ça rend les choses plus compliquées pour le catholique, parce qu’il doit décider à chaque action si ce qu’il va faire est « bien » ou « mal ». D’autant plus compliqué que non seulement les actes positifs sont susceptibles de critique, mais également les omissions et même les simples pensées. En contre-partie, il y gagne son libre-arbitre : un curé ne l’avouera que du bout des lèvres, mais chacun est libre de décider en conscience si un acte qu’il accomplit est un péché qui doit être confessé ou pas. Rien de ce fatras dans l’Islam. L’Islam est d’abord une religion d’apparence, il faut montrer sa piété en respectant les règles du Livre. Mais quand la piété est apparente, nul ne peut contester au musulman son appartenance religieuse. En contrepartie de sa soumission, le musulman intègre l’Oumma, la communauté des croyants – ou du moins, c’est l’idée que voudraient imposer les fondamentalistes. En fait, l’Oumma, qui veut supplanter le système clanique en place dans le monde arabe avant l’apparition de l’Islam, est une idée politique radicalement moderne, comparable à l’universalisme des Droits de l’Homme (car selon l’Islam, chacun peut devenir musulman), avec 1200 ans d’avance sur la pensée européenne. L’Oumma a vocation a dépasser les clivages politiques et familiaux, et donc sert à diminuer les violences ethniques, à supprimer les vendetta, à policer les mœurs, à apporter la paix et la loi. C’est pratiquement l’ONU ! L’Islam est alors une immense œuvre pacificatrice. Malheureusement, cette grande idée a explosé à peine 400 ans plus tard. L’Oumma moderne est une notion plurielle qui n’a pas le même sens selon l’interlocuteur. Pour la plupart des musulmans, il s’agit de la communauté au sens large implantée sur un territoire, pour les pays Islamiques, l’Oumma se confond avec leur nation, et pour les fondamentalistes, l’Oumma est une re-création de l’unité originelle, qui engloberait de nouveau tous les « vrais » musulmans sans exception ; en réalité, pour les fondamentalistes, l’Oumma est un moyen commode de surveillance des individus par le groupe. Néanmoins, il subsiste au cœur de la culture de chaque croyant cette idée de connexion privilégiée à un groupe placé au-dessus de toute autre considération : territoire, loi, police, famille, etc. Et l’intuition que cet attachement à ce groupe devrait primer sur le reste. C’est un problème. La force de la loi en France repose sur sa position ultime : il ne peut rien y avoir au-dessus.
– D’autre part, il faut le dire, la politique conduite en France à l’égard des immigrés est catastrophique, quelque soit le pays d’origine de ces personnes, et ce depuis longtemps. Nous traitons les étrangers comme des chiens. Et nous traitons tout aussi mal les descendants devenus français de ces immigrés. Tous les ‘polaks’, les ‘ritals, les ‘espingouins’ peuvent en témoigner. En général, les choses commencent à s’arranger autour de la troisième génération, grâce au métissage et à l’ascenseur social. On pouvait difficilement faire pire avec les personnes de confession musulmane, et pourtant, la conjonction entre une attitude généralement raciste, paternaliste (ou les deux) et des difficultés économiques croissantes a contribué à dégrader encore une situation délétère. Ce faisant, nous avons renforcé le sentiment de solidarité communautaire, et c’est bien naturel que des gens précarisés se groupent pour se protéger, en même temps, nous verouillions toujours plus l’accès économique à la société. Pire encore, nous avons géographiquement groupé une grande partie de cette population dans des citées ghetto, et au lieu de leur apporter les bénéfices de la République, nous avons recréé artificiellement ces liens de groupe ; des grands frères coûtent moins cher que des policiers, un terrain de basket moins que des éducateurs, une mosquée moins que des assistantes sociales. Double conséquence : premièrement, au lieu de combattre l’idée que l’Oumma avait une supériorité sur la Loi, nous avons tacitement renforcé sa prééminence dans les esprits en laissant se développer l’idée terrible que ces gens étaient maintenant des citoyens ‘à part’, qui ne devaient rien espérer hors de leur communauté, communauté dont faute de métissage ils ont maintenu les traditions sans que personne n’aille y regarder de trop près. Deuxième conséquence, nous avons ouvert la porte à des systèmes d’aide financés par d’autres pays. Ce qui a établi des têtes de pont fondamentalistes sur notre sol, et importé des conceptions de l’Islam en provenance du Moyen-Orient, presque totalement étrangères aux traditions musulmanes maghrébines. Mais ces traditions ont pu séduire une partie de la jeunesse désireuse de se trouver une cause et une nation que la France leur refuse. Pourtant, ces ‘traditions’ transplantées n’ont en réalité aucune base justifiable dans la culture d’origine des personnes à qui on les vante. Elles sont en fait des mythes auxquels des personnes fragilisées et stigmatisées se raccrochent, le miroir maléfique d’un âge d’or qu’on leur tend, la promesse d’un paradis artificiel.

La conséquence, c’est que bien plus qu’un conflit religion / État, nous avons povoqué l’émergence d’une néo-tradition fondée sur des fragments d’une culture exogène mêlés de tabous nouveaux, au lieu de contribuer à l’appropriation du style de vie républicain par chacun, dans le respect des croyances. Il n’y a rien d’incompatible dans le texte entre la religion et la loi. En revanche, il existe des comportements qui vont à l’encontre des lois et des libertés individuelles. Ces comportements ne doivent pas être tolérées, et surtout pas parce qu’ils seraient hypothétiquement favorisés par la tradition. Point. Et ce qui est encore plus insupportable, c’est qu’on puisse admettre que dans certains lieux, des individus cherchent à imposer ou imposent le respect de ces néo-traditions à d’autres qui n’en veulent plus. Il faut donc, très vite, souhaiter un retour massif de l’État dans ces quartiers. Sous toutes ses formes, éducation, prévention et sécurité. En réalité, il faut même souhaiter la disparition de ces quartiers et la dilution des communautés dans la Nation. Il faut que la France invente une tradition de l’accueil, et malheureusement, on n’a pas l’impression qu’elle en prenne le chemin.

Ce qui nous ramène au niqab. J’ai dit que le niqab est un étendard. Ce n’est pas un précepte religieux. Il est largement antérieur historiquement à l’Islam, géographiquement limité aux pays du Golfe, et il est le signe d’une tradition qui répute la femme propriété de l’homme, là-bas. J’insiste : pas un précepte religieux, une tradition. Cette tradition n’est pas acceptable. Et ce vêtement excède le but proprement religieux qui est de montrer un signe apparent de vertu. Celles qui le portent, en conscience, prônent en réalité la vision traditionnelle du Moyen-Orient qui nie l’égalité juridique de l’homme et de la femme dans notre droit : il suffit pour être vertueux d’avoir un comportement vertueux et pudique, on ne le devient pas en empilant des couches de textile. Cette égalité de droit est un élément si fondamental de notre loi commune qu’on ne peut pas tolérer cette atteinte, pas plus qu’on ne tolérerait une mutilation volontaire. Or, la difficulté d’une interdiction ciblant le niqab, c’est qu’elle risque d’atteindre par ricochet beaucoup plus que le petit nombre de cas problématiques. Et légitimement, les musulmans pratiquant (qui au passage représentent une proportion des musulmans (au sens large) inférieure à la proportion de catholiques pratiquants par rapport à l’ensemble des personnes baptisées, ce qui en dit long vu la désaffection des églises) redoutent de se voir interdire des pratiques qui ne sont elles que l’expression purement personnelle de leur piété. D’où un certain malaise de la communauté, qui rejette ultra-majoritairement l’Islam fondamentaliste, mais lui sert d’alibi par abstention. D’où les soutiens des groupes catholiques intégristes, qui craignent également que l’État s’intéresse aussi à leur cas. D’où enfin les discours décalés et hors-sujet sur la liberté individuelle, alors que ces femmes sont les porte-paroles d’un collectif.

Il faut donc interdire en préservant les libertés légitimes, et pour cela, il ne faut pas se fonder sur le fait religieux, ce qui mènerait à une confrontation stérile et qui n’atteindrait pas sa cible, car je crois avoir montré en quoi justement le niqab est détachable de la religion. S’il faut opposer quelque chose, c’est notre tradition intérieure contre celle-ci. Or il est de tradition en France que nul ne dissimule son visage, essentiellement pour des raisons d’identification et de sécurité. Il faut donc se caler sur le décret anti-cagoules, et prohiber tout masque dissimulant les traits d’un individu sur la voie publique. Cette solution éviterait totalement la référence à toute religion, et préserverait la liberté individuelle de porter voile, kippa ou turban sikh. Mais la voie réglementaire plustôt que législative serait le signal que l’État recommence enfin à assumer son rôle. Et il ne faut surtout pas s’arrêter là, car un traitement symptomatique au coup par coup ne ferait que repousser le problème de fond ; c’est une approche globale qui doit être mise en œuvre, et cette approche, c’est tout simplement que l’État doit mettre en pratique l’égalité républicaine à l’égard de ces populations fragilisées. C’est également en substance la position de nombreux juristes.

On m’objectera sûrement que ce serait exclure ces femmes de la vie publique. Oui. Certainement. Mais de toute manière leur engagement contre la loi fondamentale de la nation les en exclu déjà de facto, et la plupart ont déja rompu avec leur propre famille. D’autre part, elles ont la même liberté que tout un chacun à tout instant d’obéir à la loi sans déroger au véritable commandement de leur religion. Si leur vertu est si faible qu’un regard la ruine, peut-être la claustration volontaire est-elle une solution ?

Post scriptum :
Par coincidence, un autre billet vient de paraître sur le sujet : http://mecanoblog.wordpress.com/2009/11/08/le-voile-symptome-de-la-modernite/. Je comprends le point de vue de l’auteur, je n’en partage pas les conclusions. Je suis d’accord sur le principe que le port du voile est volontaire ; je suis également d’accord que ce choix est ‘moderne’ dans le sens où il est rattachable à une recherche personnelle d’un affiliation communautaire sous l’influence d’un rejet apparent de la société dominante, et à l’effacement dans le silence de la véritable communauté d’origine de ces personnes. Néanmoins, comme tout travail sociologique, le constat est inopérant quand il ne débouche pas sur l’action. Le grand défi de la construction citoyenne, c’est de décaper l’individu de ses entraves ethniques, communautaires, familiales, intellectuelles, pour le faire exister par et pour lui-même. La suppression des filtres, mentaux ou textiles est traumatisante, mais elle est libératrice. Pour celà encore faudrait-il que ces citoyennes ou futures citoyennes aient plus confiance dans la protection de la Nation que dans la pseudo protection offerte en contrepartie d’un racket maffieux sur leur identité individuelle. Là est notre échec, là doit porter notre action.
———————–
[*] Pour l’anecdote, Napoléon Ier offrit au Pape Pie VII une magnifique tiare à l’occasion de l’élection de ce dernier. Mais cette tiare est si lourde qu’aucun Pape ne peut la porter… Cadeau somptueux d’allégeance, en même temps que sain et discret rappel des limites de tout un chacun, fût-il Pape.

Publicités
  1. 21 août 2010 à 3:42

    Vous dîtes :

    « L’Oumma a vocation a dépasser les clivages politiques et familiaux, et donc sert à diminuer les violences ethniques, à supprimer les vendetta, à policer les mœurs, à apporter la paix et la loi. C’est pratiquement l’ONU ! »

    Je crains que cette idée que la Oumma c’est l’ONU ne soit qu’un mythe. Si vous lisez les forums musulmans et les sites de prosélytisme, vous vous endrez vite compte que, ans les aits, la Oumma ne prend en charge que les intérêts et le centre d’intérêts des « arabo-musulmans » et non des musulmans dans leur ensemble.

    En effet, le centre d’intérêt primordial est le conflit du Moyen-Orient et les guerres en Irak et en Afghanistan qui sont considérés de la même manière sans se rendre compte que la première est une guerre américaine et la seconde une opération de l’ONU. Même les interventions européo-onuso-américaines en ex-yougoslavies sont traitées en « guerres contre les musulmans ». Ces sujets, le monde indonésien, pourtant le plus imortant pays musulman, ne s’y intéresse pas vaiment.

    En revanche, les déboires des Ouïghours (musulmans turco-mongols) face aux chinois, des hui face aux chinois, des Cham (musulmans laotiens) déculturés par les misisonnaires d’Arabie saoudite, cela ne les intéresse pas.

    Vous dîtes aussi :
    « C’est un uniforme et un drapeau. Celui d’une partie de l’Islam qui se présente elle-même comme la plus traditionnelle, la plus historique, et donc la plus « vraie » et la plus « pure » : le salafisme. »

    C’est bien possible que le salafisme se revendique comme une « orthodoxie ». Ce n’est pas parce qu’il se revendique tel que c’en est effectivement une. Olivier Roy, dans « la sainte ignorance, vers une religion sans culture » expose en quoi le salafisme = islam-culture musulmane traditionelle.
    Le salafisme est la version export du wahhabisme et, à défaut d’avoir une armée pour se revendiquer une orthodoxie, elle a l’argent de l’Arabie Saoudite.

  1. No trackbacks yet.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :