Accueil > criminalité > Ça en fait au moins un qui n’est pas une lumière.

Ça en fait au moins un qui n’est pas une lumière.

Partager sur Facebook.

Le Figaro et ses lecteurs sont une source infinie de rigolade, mais si je continue, on va finir par croire que je suis de gÔôoche. C’est totalement faux, je n’aime personne. La preuve, Paul Blu dans Libé : «Pourquoi ne pas couper l’éclairage des rues pendant la nuit » ? C’est vrai quoi. Ça emmerde les chouettes, les vers luisants et les merles. En plus, les lampadaires-boule et les spots encastrés dans le trottoir éclairent surtout le ciel.

Je dois l’avouer : je suis à peu près d’accord sur certains points. En particulier sur les spots verticaux : ça ne sert à rien, ça éblouit dangereusement quand on marche dessus, et quand il pleut ça glisse. Idem pour les lampes-boule. Ça vous donne un petit côté chic-70’s immédiat à n’importe quelle avenue, c’est complètement has been. Et en plus ça éclaire mal.

Mais là où Mr Blu me colle les abeilles, c’est quand il dit : « On entend par exemple souvent dire que la lumière permet de lutter contre l’insécurité, c’est faux. Ce n’est pas le noir qui inquiète, c’est l’isolement. Ce n’est pas parce qu’il y a de la lumière que vous êtes en sécurité, au contraire… Il est plus facile d’échapper à un agresseur dans le noir qu’à la lumière. » C’est un mensonge éhonté. Essayez de courir dans le noir en escarpins avec un malade aux fesses pour voir. Mais surtout c’est faux historiquement. Les grands progrès de la lutte contre la criminalité urbaine ont été réalisés uniquement quand l’éclairage public au gaz s’est généralisé. Il n’est pas faux de dire que l’isolement est source d’insécurité, mais ce qui est vrai pour les honnêtes gens l’est aussi pour les truands. Or, les rassemblements massifs de bandes dans les coupe-gorges des grandes villes n’étaient possible que dans les endroits sombres. Illuminés, les malfrats ne peuvent se réunir et sont isolés.

Il n’y a pas à se pencher très loin. Dans certains coins de nos villes, l’éclairage public n’a été achevé que dans les années 60. Les statistiques d’époque existent, et la criminalité urbaine était alors fortement corrélée par quartiers à l’éclairage des zones, et a toujours fortement diminué lorsque le maillage s’est étendu. C’est normal, une voiture de la BAC en vadrouille voit mieux ce qui se passe sur les côtés lorsqu’il y a une loupiote, et les flics sont plus efficaces quand ils ne sont pas obligés de charrier une mag-lite©® pour voir où ils mettent leurs pieds. Et au cas où Mr Blu l’ignore, même si je pense qu’il feint de l’ignorer, le premier signe qu’un quartier est en train de tomber dans le trafic de stupéfiants, c’est quand les lampadaires sont victimes de dégradations. Le dealer aime la complicité de l’obscurité.

Je suis comme tout le monde, j’aime voir le ciel la nuit à la campagne. Cette année, pour la première fois depuis longtemps j’ai entendu plusieurs chouettes, et même vu trois ou quatre rapaces que je ne connaissais pas dans le ciel. L’éclairage de ce coin a-t-il changé ? Non. En revanche les bouseux du crû ont réduit leurs déversements de chimie sur les champs.

De toute manière, les bêtes, aussi sympathiques soient-elles n’ont rien à foutre en ville. Mr Blu est un amoureux de la nature, c’est son droit. Qu’il aille vivre à la campagne.

Publicités
Catégories :criminalité Étiquettes : , ,
  1. Aucun commentaire pour l’instant.
  1. No trackbacks yet.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :