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Dan Brown : « The lost symbol »

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Je ne sais même pas par où commencer tellement il y a de choses qui m’agacent à propos de Dan Brown et de son dernier opus.

Faisons simple : la première chose qui me tape sur le système, c’est que je n’ai pas pu m’empêcher de le lire à sa sortie. Et la seconde, tout de suite derrière, c’est que j’avais déjà lu tous ses autres romans avant, sauf Digital Fortress, qui traîne dans un coin de mon bureau, mais là, vraiment, désolé, c’est pas possible. Je peux être moyennement amusé quand je ne connais presque rien au thème d’un mauvais thriller, mais pas de chance, j’ai assez de notions en informatique pour décrocher de DF au bout de 10 pages en baillant. Le seul rapport acceptable entre DF et l’informatique, c’est quand je m’en sers pour surélever l’arrière d’un portable qui a besoin d’une entrée d’air par en-dessous.

Dan Brown, donc, c’est comme McD : c’est très mauvais, mais on sait avant d’entrer ce qu’on aura et combien ça va coûter. Là, c’est pareil, comme on ne s’attend pas à grand chose, forcément, on n’est pas vraiment déçu. Alors, oui, ça m’a énervé quand je me suis fait piéger au milieu du bouquin, et que je n’ai pas pu le reposer avant d’avoir fini. Comme un sachet de chips : lourd, bien écoeurant sur la fin, mais on pioche dans le paquet tant qu’il reste encore une miette.

Bon, franchement, ça ne casse pas trois pattes à un canard, et ça ne vaut sûrement pas les 20 € et quelques en import. Au point de vu langue, ça frôle le niveau collège, et pour un français qui lit en anglais, c’est plutôt reposant. On ne risque pas l’entorse de méninge en traître. Les anglo-saxons rigolent, mais tant qu’ils achètent, ça n’a aucune importance.

Mais, non, vraiment, ce qui m’a le plus énervé, c’est la critique. Même pas le gros marketing Disneyland (ça, ça fait partie du style «littéraire» attaché à cet auteur), non, ni le show des petites phrases, demi-secrets éventés, et fausses pistes jetées en pâture aux média. Là encore, on dira que l’éditeur fait son job en montant la mayonnaise. Ce qui est totalement insupportable d’hypocrisie, c’est la pseudo élite littéraire, qu’elle soit américaine, anglaise, ou même française. Ils ont tous lu comme moi les volumes précédents, pourtant ils n’ont pas pu se retenir de cracher dans la soupe en pronostiquant un cataclysme artistique. Cataclysme qui les fait vivre, il faut bien des livres qui se vendent pour subventionner les merveilles que personne n’achète. Tous se sont donc jetés avec voracité sur les appâts lancés par l’éditeur, et ont noirci des quantités de pages sur la franc maçonnerie, spéculant qu’après l’Église catholique, Dan Brown allait se colleter avec cette autre institution et qu’on allait voir ce qu’on allait voir, tonnerre de GADLU.

Et une fois le livre paru, tous, d’un même élan de se ruer à la curée sur la pauvreté stylistique, la psychologie bâclée des personages, l’indigence des recherches historiques. Ah ah ah, on vous l’avait bien dit que c’était nul. Mais aucun, aucun, pour relever que dans ce livre, Dan Brown n’a pas une seule fois attaqué la franc-maçonnerie. Contrairement à toutes leurs spéculations venteuses antérieures. Pire, certains – ils ne peuvent pas avoir lu le livre en vrai, c’est impossible – persistent à présenter l’auteur en pourfendeur des Francs Maçons.

Car en fait, c’est la plus grosse (et meilleure) surprise du livre : Dan Brown a été submergé par la vague Obama. Il nous livre le visage d’une Amérique tolérante et réconcilliée avec ses institutions, officielles et occultes. Et le ressort du livre, au-delà des singeries du genre, se résume à un huis-clos, où le linge sale se lave en famille.

Et si le symbole perdu des USA, c’était justement ce livre symbolique de la relation entre l’Amérique de la tolérance et du progrès opposée à son rejeton à la religiosité pervertie, G.W. Bush ?

Mais on peut douter que Dan Brown soit assez subtil pour orchestrer ça, hélas.

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Catégories :littérature Étiquettes : ,
  1. h.gazel
    28 novembre 2009 à 5:30

    Ah merci ! Assez de ce battage médiatique autour de cet auteur. Je ne suis pas aussi « dur » que vous sur FD, Anges et Demons et Da Vinci Code mais bon même si j’ai trouvé FD passable bien que très « pauvre », A&D sympathiqe à lire si on ne fait pas trop attention aux détails et DVC moyen moyen, Dan Brown est un auteur sans autre style que l’entassement d’informations diverses, peu précises, brouillonnes, très vagues.Comme vous l’avez dit il n’est pas toujours facile de suivre ses histoires, il faut s’accrocher si l’on fait parti des lecteurs qui s’attardent sur tout et non pas pour faire simple sur église,complot,secte,secret,meurtres. Cela doit être dû à mon jeune âge mais bon je lirais quand même celui là sans grands espoirs mais hors de question de le payer^^

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